Structure chimique: 17 bêta-hydroxy-2-hydroxyméthylène-17alpha-méthyl-5 alpha-androstan-3-one
Poids moléculaire de la base332.482
Durée de vie active: 12 à 16 heures
Rapport anabolisant/androgène: 320: 45
L'oxymétholone a été initialement développée pour traiter les formes sévères d'anémie. Cependant, ce médicament est rapidement tombé en désuétude face à l'émergence de médicaments plus efficaces et présentant moins d'effets secondaires. Il a retrouvé sa popularité dans les années 90, lorsque des chercheurs ont découvert son efficacité particulière chez les patients atteints du VIH/sida grâce à sa capacité à prévenir la dégradation musculaire.
Pour les culturistes et les athlètes de force, la capacité de l'oxymétholone à augmenter rapidement le poids et la force en fait un médicament populaire. Certains la considèrent comme une alternative à la méthandrosténolone car elle offre des avantages similaires, et certains utilisateurs rapportent même de meilleurs résultats avec moins d'effets secondaires graves.
En raison de ses résultats rapides et de sa forte toxicité hépatique, l'oxymétholone est souvent utilisée comme « coup de pouce » au début d'un cycle plus long, généralement au cours des premières semaines. Les athlètes de force l'utilisent également en milieu ou en fin de cycle, avant une compétition, lorsqu'ils souhaitent atteindre leur force maximale.
Utilisation/Dosage
Pour les utilisateurs inexpérimentés, la posologie se situe généralement entre 50 et 150 milligrammes par jour. Les utilisateurs plus expérimentés prennent parfois des doses plus élevées, mais les effets secondaires sont également plus marqués. À dose égale, l'oxymétholone est plus faible que des médicaments comparables comme la méthandrosténolone, mais certaines personnes réagissent mieux à l'oxymétholone à des doses plus élevées.
Lors de l'utilisation d'oxymétholone, il est conseillé d'utiliser un complément alimentaire pour soutenir le foie, comme le chardon-Marie. Ceci est dû à la charge supplémentaire que la 17-alpha-alkylation impose au foie. Compte tenu de la dose relativement élevée par rapport aux autres stéroïdes oraux, il est crucial de prendre des précautions pour préserver la santé hépatique. L'association avec d'autres stéroïdes 17-alpha-alkylants est déconseillée.
En raison de sa durée d'action, il est recommandé de diviser la dose quotidienne en deux prises égales. Des cures de 4 à 6 semaines sont recommandées ; des cures plus longues augmentent significativement le risque de lésions hépatiques.
Effets secondaires/risques
L'oxymétholone ne se transforme pas directement en œstrogène. Son effet progestatif semble également faible, voire nul. Cependant, les utilisatrices signalent souvent des effets secondaires œstrogéniques prononcés, tels que la gynécomastie (augmentation mammaire) et la rétention d'eau. Cela suggère que l'oxymétholone pourrait agir directement sur les récepteurs d'œstrogènes. Cette théorie est corroborée par le fait que l'aromatase ne semble pas jouer de rôle, mais les effets secondaires œstrogéniques sont fréquents.
Des effets secondaires androgéniques sont également attendus : peau grasse, acné et pilosité accrue sur le corps et le visage sont fréquents. Chez les personnes sujettes à la calvitie masculine, ce médicament peut accélérer le processus. L'hypertension artérielle est un effet secondaire fréquent, en partie causé par une rétention d'eau importante.
Une virilisation (masculinisation) peut survenir chez les femmes utilisant de l'oxymétholone. Par conséquent, la plus grande prudence est recommandée avec ce médicament.
L'oxymétholone possède une propriété relativement unique : elle peut altérer la tolérance au glucose, ce qui peut, dans certains cas, conduire à un diabète limite. Il s'agit d'un point important à prendre en compte pour les personnes souffrant déjà de problèmes de glycémie.
Le finastéride, un inhibiteur de la 5-alpha-réductase, est inefficace contre les effets secondaires androgéniques de l'oxymétholone. En effet, l'oxymétholone n'utilise pas l'enzyme 5-alpha-réductase pour se convertir en dihydrotestostérone (DHT). Il s'agit d'un dérivé de la DHT. Sa structure diffère uniquement par l'ajout d'un groupe 2-hydroxyméthylène, qui peut être éliminé métaboliquement, réduisant ainsi le médicament en 17-alpha-méthyl-DHT. Cette conversion explique en partie le fort effet androgénique de l'oxymétholone.
L'oxymétholone est un stéroïde 17-alpha-alkylé et, comme tous les stéroïdes de cette catégorie, il comporte des risques pour le foie. En raison des doses relativement élevées requises pour être efficace, la charge hépatique est plus importante qu'avec d'autres stéroïdes oraux. Cependant, avec une utilisation modérée et des cycles courts, les lésions hépatiques sont généralement évitables chez les personnes en bonne santé.
Références
- Llewellyn, William, Anabolics 2004, 2003-4, Nutrition moléculaire
- Études sur les stéroïdes anabolisants - 8. Caractérisation par spectrométrie de masse (GS/MS) de métabolites sécoacides inhabituels de l'oxymétholone dans l'urine humaine. J Steroid Biochem Mol Bio 42:229-42, 1992
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- Woodard TL, Burghen GA, Kitabchi AE, Wilimas JA., Intolérance au glucose et résistance à l'insuline dans l'anémie aplasique traitée par oxymétholone., J Clin Endocrinol Metab 1981 Nov;53(5):905-8.